Gozo, balade côtière à l'Argentique, Août 2025 Kodak Gold 200/ Pentax Me SuperJe suis une fille de la Méditerranée . De la pointe Sud de l’Italie de par mon père, Pouilleux pur souche, au Nord Est de la Tunisie de par mes grands-parents maternels. Je suis Parisienne de naissance, Londonienne d’adoption (10 ans que j’y habite), Méditerranéenne de culture et d’origines.
Chaque été de mon enfance s’est déroulé sur les plages des Pouilles : châteaux de sable blanc, mer si chaude qu’on y entre comme dans un bain, plage traversée en courant pour éviter la brûlure du sable, chevilles dans l’eau encore tiède à déguster une glace nocturne. Des dizaines de livres dévorés au son des vagues, des couchers de soleil flamboyants sur un horizon paisible — un été typiquement méditerranéen.
La Méditerranée, pour moi, résonne comme le symbole d’un été perpétuel. C’est à travers elle que je perçois la lumière, la chaleur, la lenteur, la beauté presque suspendue du monde. Au fil des années, j’ai photographié ses multiples aspects — Barcelone, Malaga, Lisbonne, Palerme, Athènes, Majorque, Marseille, la Côte d’Azur, Tunis — souvent depuis mon téléphone
En Août 2025, lors d’un séjour à Gozo, Malte, je me suis donné comme exercise de prendre ces photos à l’argentique. Je voulais tenter une approche plus consciente et patiente.
J’ai l’habitude de photographier à l’argentique depuis mes 18 ans mais toujours avec un compact qui me permet de laisser toute la responsabilité des réglages au boîtier photo. Plus facile à blâmer quand une photo est ratée.
Pour mes 30 ans l’année dernière, j’ai reçu un Pentax Me Super. Il porte bien son nom, vraiment super.
Cette selection de 9 photos a été prise entre le 31 juillet et le 3 août dernier, uniquement sur l’ile de Gozo. Ses côtes rocheuses, végétation aride a cette période de l’année, ciel d’un bleu constant, jeunesse au teint doré, sont tant de choses qui m’ont captivée et dont j’ai tenté de capturer l’essence.
Certaines images sont en couleur, pour leurs contrastes rouges, ocres et bleus ; d’autres en noir et blanc, dont la dimension atemporelle m’évoque les photographies Dolce Vita de Claude Nori. Une résidence sur la Côte d’Azur serait pour moi l’occasion idéale de prolonger cette série et d’explorer davantage ce lien entre territoire, lumière et mémoire.
J’ai découvert la résidence grâce au compte Instagram de Laurent Le Crabe, dont j’admire le travail de photographe de plateau, en particulier les photos produites sur Vingt Dieux, qui capturent complètement l’ambiance du film.
Depuis huit ans, je travaille dans le théâtre et le cinéma comme scénographe, habilleuse et costumière. Depuis l’an dernier, j’ai eu envie d’ajouter la photographie à mes cordes professionnelles. Mon expérience de plateau nourrit naturellement cette démarche : je photographie les tournages sur lesquels je travaille, construisant peu à peu un portfolio que vous trouverez dans la section Behind the Scenes sur mon site.
J’aime capturer des moments de tension suspendue dans un environnement bourdonnant tel un tournage ou backstage de défilé de mode. Cette énergie spontanée, presque documentaire, me séduit davantage que la photo posée et se rapproche plus de la photographie de rues qui me passionne.
La résidence représenterait pour moi l’occasion de donner une cohérence nouvelle à ce travail : relier mes origines méditerranéennes, ma pratique argentique et mon regard de photographe de mouvement au sein d’un même projet artistique.